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LES CASTELETS DE FORTUNE | PRESSE


TÉLÉRAMA : SORTIR Nº 3133
27 janvier 2010
Le match des castelets

Ingénieux, généreux : entre les mains de Patrick Conan et de Pierre Blaise, les nouveaux castelets s'émancipent du décorum lourd et conventionnel d’antan.
Thierry Voisin Télécharger l’article en cliquant ici


FIGAROSCOPE
Mercredi 14 mai 2003
Au Parc de la Villette – Les arts de la marionnette

Inconsciemment, tous les enfants savent qu’ils sont capables d’animer la matière. Avec n’importe quel objet (doudou, brosse à dents, bout de papier), ils créent et manipulent naturellement des univers singuliers pour dialoguer, se confier, exorciser leurs misères. Pendant trois semaines, à l’occasion de la biennale de la marionnette, ils pourront constater qu’ils ne sont pas les seuls à jouer avec les objets. Des artistes de tous bords présentent une kyrielle de spectacles novateurs dont la vedette est la marionnette, un art qui peut prendre toutes les formes. La compagnie Amoros et Augustin crée en direct sur une immense toile de plastique transparente et vierge une peinture qu’elle efface et reprend, inspirée d’images rituelles, de tableaux ou tout simplement de ses rêves. Tout aussi insolite, Opus (Office des fabricants d’univers singuliers) invite un public de tout âge à visiter un musée qui rend hommage à un certain Raoul Huet, personnage fictif, qui aurait construit soixante ans durant une crèche à moteur tout à fait personnelle et laïque, peuplée de personnages automates. Que peut–on faire avec de grossiers morceaux de bois, du tissu ou du carton ? La compagnie du Théâtre sans toit construit trois histoires avec ces matériaux bruts en s’inspirant de textes de Duranty, écrits à la fin du XIXe siècle. Ces trois univers humoristiques et décalés renvoient une image cocasse de ce que nous sommes. La marionnette peut naître de matériau brut, mais peut aussi s’associer aux techniques modernes. Le Teatro Gioco Vita, considéré comme les maîtres du théâtre d’ombres, présente une adaptation du film de Vittorio de Sica Miracle à Milan en combinant écrans, silhouettes en 3 D, dessins et ombres corporelles. D’autres surprises attendent les familles comme le Nada Théâtre qui détourne des outils de jardinage pour réveiller les folies qui sommeillent en nous.

Dominique Du Thuit


LYON CAPITALE
Culture : Nº 456 – mercredi 17 décembre 2003
Ils gagnent à être connus – Un polichinelle dans le foutoir

Affirmons–le sans crainte d’être démenti : Les Castelets de fortune représentent un vrai moment de bonheur. Ce spectacle est basé sur trois courtes pièces d’Edmond Duranty, auteur du XIXe siècle, dont l’inspiration peut se situer entre Guignol pour la faculté de s’adresser aux plus petits et Alfred Jarry en ce qui concerne la truculence. Trois fables délirantes que se sont appropriés trois metteurs en scène différents du Théâtre sans Toit. En entrée, Pierre Blaise signe une version tempétueuse du Revenant, réalisée avec des marionnettes rudimentaires faites de trois morceaux de bois brut. On y voit un jardinier tenter de protéger son jardin des convoitises de Polichinelle et de son acolyte, jusqu’à l’explosion finale. Puis on retrouve le facétieux Polichinelle dans la deuxième histoire, où il apparaît sous la forme d’un chien en carton qui a décidé de se retirer du monde pour vivre dans un tonneau… La dernière des trois pièces est pâtissière. C’est une farce rabelaisienne jouée avec un monceau de pâte à pain avec lequel sont fabriqués des personnages grimaçants qui se bastonnent avec une réjouissante fureur.

N. B.


LE PROGRES.FR
Spectacle : lundi 15 décembre 2003
« Les Anges » à l’Amphithéâtre–Bastille, entre vie et mort

Polichinelle, Pierrot et leurs compères envahissent le TJA avec leur logorrhée loufoque et cynique. « Les Castelets de Fortune » est une réussite où marionnettes et acteurs se partagent équitablement la vedette. «Le Revenant », «Polichinelle retiré du monde » et « Pierrot contre le pâtissier », trois histoires tirées du recueil « Théâtre des marionnettes par Duranty » que la Compagnie du Théâtre sans Toit, sous la direction de Pierre Blaise, a fait le choix de reprendre. Trois metteurs en scène différents se sont par ailleurs respectivement appropriés les textes : Nicolas Quilliard, Éric Malgouyres et Gilbert Épron, participant tous à l'animation des marionnettes avec la jeune Mélanie Devoldere. Rappelons que Edmond–Louis Duranty n'est pas que l'auteur de ces farces de pantins, mais aussi un romancier, critique d'art et journaliste parisien du milieu du XIXe, ami de Baudelaire ou Manet, et reconnu pour sa perspicacité féroce dans sa description des comportements humains. Cette acuité–là se trouve évidemment démultipliée dans un théâtre de l'intelligente caricature, où Polichinelle et Pierrot sont érigés en représentants comiques et cruels d'une société d'alors (qui n'est pas sans rapport avec la nôtre).

Polichinelle sans sa bosse
L'originalité du triptyque tient dans l'abandon du castelet classique comme de l'image et de l'animation standards de la marionnette – à fils ou à gaines : les acteurs apparaissent chaque fois de plein pieds sur scène, vêtus de noirs, et mettent pour chaque pièce un nouveau « décor » en place, épuré et modeste, quelques planches, nappes, tréteaux Car l'essentiel est bien le comédien, sa voix exagérément travaillée pour provoquer le rire, et l'objet singulier qu'il manipule : d'abord de bois, puis de carton, enfin de pâte à pain, les marionnettes changent de matière d'un texte à l'autre, toujours aussi crédibles et efficaces.

Chaque pièce fait ainsi le récit comique et rythmé des aventures de Polichinelle et Pierrot face à leurs victimes, faisant oublié le basique des matériaux et du décor. Tout réside dans le mouvement, la chorégraphie habile des manipulateurs, leurs tonalités variées et justes et dans le texte incisif de Duranty.

Tout le monde rit, chacun selon son degré de compréhension : les plus grands se moquant un peu d'eux–mêmes, les plus jeunes de la magie ludique et du cocasse des situations. « Les Castelets de fortune » offre un théâtre modeste mais étonnant de ressorts, de précision et d'inventivité, où le manichéisme devient une histoire ancienne et secondaire.

Nathalie Duchambon


FRANCE-ANTILLES
Spectacle : N° 10185 mercredi 7 janvier 2004
De drôles de marionnettes sur la scène du Centre des Arts

La compagnie du Théâtre Sans Toit présente les « Castelets de fortune », du 14 au 17 janvier, au Centre des arts et de la culture de Pointe–à–Pitre. un spectacle pour enfants mettant en scène des marionnettes un peu particulières, manipulées par trois comédiens : Gilles Épron, Nicolas Quilliard et Éric Malgouyres. Sous la direction de Pierre Blaise, ils ne restent pas en retrait comme le feraient des marionnettistes classiques, mais agissent au grand jour sur le devantd e la scène. Quoi de plus naturel dans un spectacle où impertinence et insubordination sont de mise !
Les « Castelets de fortune » sont en fait agencés à la façon d’un trytique. trois spectacles d’une durée de trente à quarante minutes se succèdent en effet sur scène avec pour principales caractéristiques un rythme désordonné et un humour omniprésent qui ne peuvent que séduire les petits spectateurs. Intitulés « Le revant », « Polichinlle retiré du monde », et « Pierrot contre le pâtissier », ils racontent trois petites histoires d’arroseursarrosés, trois farces tragi–comiques écrites par Edmond–Louis Duranty, à la fin du XIXe siècle.
Au–delà de l’intelligence du texte, ironique et drôle, c’est la grande variété des supports qui frappe, même si les marionnettes se caractérisent par la simplicité des matériaux ou des formes employées.

Trois farces, trois histoires
Avec des petits cubes de bois empilés, des tissus, des morceaux de carton découpés, trois univers sont créés. Trois petits mondes miniatures, humoristiques et décalés, qui nous renvoient un peu ce que nous sommes. Dans ce contexte, la marionnette devient un allié de choix au service du jeu de l’acteur. « Le revenant » conte l’histoire d’un jardinier qui défend son jardin contre les voleurs. Il dresse ainsi des épouvantails ou se déguise en fantôme. En vain, deux oiseaux piqueassiettes, Pierrot et Polichinelle, ne s’y laissent pas prendre longtemps. Le jardinier est donc obligé de faire parler la poudre à canon. mais la cherge est trop forte et le monde explose !
« Polichinelle retiré du monde » évoque la mésaventure de ce personnage qui a décidé de se cloîtrer dans un tonneau. profitant de la crédulité de son entourage, il s’amuse à le voler sans vergogne, puis à lui donner de multiples coups de bâton. Mais Polichinelle va vite apprendre que se retirer du monde n’est pas sans conséquence et qu’un simple acteur peut tenter de lui faire perdre son âme. Il en sera quitte pour une grosse frayeur ! « Pierrot contre le pâtissier » raconte l’histoire d’un pâtissier qui veut dissimuler sa fortune aux convoitises de Pierrot. Sa peur du vol devient obsessionnelle. elle décuple le malin plaisir que Pierrot évoque à la détrousser.
Le pâtissier sera–t–il roulé dans la farine ? Réponse du 14 au 17 janvier, au Centre des arts et de la culture.

Emmanuelle Lerondeau