COLLOQUE DU 11 DÉCEMBRE 2007
Par la présence du Théâtre Sans Toit, par la constance d’une programmation orientée
vers le théâtre de marionnettes, par la périodicité de ses « levers de rideaux », la ville
d’Argenteuil participe des formes les plus actuelles du théâtre de marionnettes.
En préfiguration aux Rencontres Nationales de THEMAA, en symbiose avec le milieu
musical qui caractérise très fortement la Ville et le Département du Val d’Oise, Argenteuil
ouvre sa Cave Dîmière, haut lieu du Jazz, à un premier colloque en décembre 2007 :
« Entre l’instrument musical et l’instrument théâtral, place à une nouvelle écriture
scénique ».
« Instrumentistes »
Si la résidence du Théâtre Sans Toit dans la ville d’Argenteuil a eu un sens, ç’aura été
celui de cette relation alternée, entre les musiciens et les comédiens, cette « écoute ».
Les récentes mises-en-scène de la Compagnie font appel à l’attrait d’une expression
parallèle, distincte : la musique d’un côté et le théâtre de l’autre. L’une n’est pas le
commentaire de l’autre, encore moins son illustration, et réciproquement : musique et
théâtre agissent avec leurs propres moyens sur la thématique du jeu. Exigeants, ils
demandent un surcroît d’attention au spectateur : une attention musicale doublée d’une
attention théâtrale. Mais se soumettre volontiers à d’autres conventions, n’est-ce pas jouir
de la nature même du spectacle vivant ?
Afin de marquer symboliquement cette période de travail, le Théâtre Sans Toit organise
une journée ouverte aux musiciens, aux marionnettistes et aux professionnels du
spectacle. La qualité d’instrumentiste semble l’analogie la plus porteuse entre le musicien
et le marionnettiste. Dans le contexte de cette rencontre à la Cave Dîmière, il nous paraît
important de l’évoquer d’abord, Puis d’orienter les échanges, plus spécifiquement, vers la
transcription écrite, les signes et les oeuvres. Pour cela, des artistes dont les recherches
sont significatives, sont invités à spéculer sur ces questions.
De plus, la présence amicale des interprètes qui accompagnent le Théâtre Sans Toit, sera
l’occasion d’impromptus, d’intermèdes et de concertos minuscules avec leurs instruments
favoris : marionnettes, percussions, contrebasse ….
Cette journée, le mardi 11 décembre 2007, fait également partie d’une semaine de
représentations où l’on pourra assister à la reprise de trois des spectacles du Théâtre
Sans Toit créés à Argenteuil : « Castelets de fortune », « D’entrée de jeu » et « Cailloux ».
À l’un ou l’autre de ces moments nous serions heureux de vous accueillir.
Le silence et l’immobile
Le silence et l’immobile ; l’un est musique, l’autre théâtre de marionnettes. Les
promeneurs de ce colloque sont invités à suivre le contrepoint de ces deux chemins.
Mon premier maître a été le livre d’André Charles Gervais :
Grammaire élémentaire de la
manipulation de la marionnette à gaine. Mais la description de chaque exercice présentait
l’inconvénient d’être un long laïus pour l’explication d’un seul mouvement simple.
J’ai transcrit les exercices de manipulation sur des principes analogues à ceux d’une
tablature musicale. L’immédiateté du signe palliait ainsi au défaut de la langue sans
refroidir la ferveur du jeu.
Par la partition, la marionnette est devenue, pour moi, un « instrument ». Un « instrument
théâtral » dans la main d’un acteur, à l’égal d’un instrument musical dans la main d’un
musicien.
Ce jeu d’analogies est-il artificiel ?
Pour ce colloque, j’ai demandé à Évelyne Lecucq de rassembler, musiciens,
marionnettistes et acteurs de la scène culturelle. De plus, il m’a semblé séduisant de
proposer de minuscules ébauches scéniques pour étayer les échanges. Je remercie
infiniment les artistes qui se sont prêtés à cette intention.