LE DERNIER CRI DE CONSTANTIN
« Le Dernier cri de Constantin » est une libre adaptation du célèbre cours que Constantin
Stanislavski a rédigé sous la forme d’un roman didactique. Une jeune femme, Maria,
apprend pas à pas le métier de comédienne. Son professeur, Torstov, dirige Maria en
l’exerçant, en la conduisant d’épreuves en expériences.
« La méthode » de Stanislavski comprend « la formation de l’acteur » et « la construction
du personnage ».
Mais imaginons que Maria et les élèves du Théâtre-Studio soient
des marionnettes ?… Quel bouleversement !
Les enseignements fondamentaux sont des pôles magnétiques. Qu’on les assemble par
un bout ou par l’autre, ils tressautent, s’attirent ou se repoussent... Deux étrangers se
côtoient, brillants de leurs différences : l’acteur et la marionnette. Le malentendu et
l’incompréhension conduiraient-ils vers une nouvelle intelligence ?
Un projet sur la problématique de la transmission. La psychologie du personnage et le
vécu de l’acteur en butte à la servile provocation de la marionnette.
Processus de travail
À partir des écrits de Stanislavski, et à partir de son interprétation d’Othello, c’est un
travail collectif qui est proposé aux artistes. Les interprètes, sont plongés dans les
découvertes du théâtre russe des années 30. Ils explorent de nouvelle façon la relation
entre l’acteur et le marionnettiste contemporains.
L’équipe rassemble un acteur, fin « diseur », Marc-Henri Boisse et un marionnettiste,
Brice Coupey. S’y adjoint une actrice bilingue russe, Larissa Cholomova.
Le travail sur le mouvement, la transcription « marionnettique » et le personnage de
théâtre sont réellement expérimentés à partir de la méthode de Stanislavski. Dans ce
sens c’est une recherche. L’improvisation et l’invention y ont bonne part.
Les « élèves-marionnettes » sont manipulés par Brice Coupey qui est invisible, même s’il
est partiellement visible, même s’il est entièrement visible. En tout cas invisible pour le
personnage de Constantin.
Les « grands acteurs du Théâtre d’Art », pour la représentation d’Othello, sont les
marionnettes d’Andreï Svedbo.
Quand à la figuration des élèves, elle est empruntée au style lapidaire du peintre
Malévitch.
Selon le plan pédagogique de Stanislavski qui fait bien la distinction entre le rôle et
l’acteur, il y a trois niveaux imbriqués dans le spectacle
Le rôle
Constantin joue, ou rêve, d’Othello en interprétant tous les rôles (comme on suppose
qu’un marionnettiste pourrait le faire).
L’acteur
Constantin enseigne à ses élèves la tenue de l’acteur, patiemment comme s’il s’agissait
d’humains.
L’homme
Entre ces deux perspectives il y a la conscience du « réel » et les souvenirs triviaux qui
empoignent Constantin (comédiens en tournée de l’avant guerre).
Au-delà du spectacle lui-même, de son apparence décalée voire loufoque, il existe de la
part des artistes du Théâtre Sans Toit une réelle volonté de compréhension pédagogique
du théâtre de l’acteur confronté au théâtre du marionnettiste.
Si le théâtre de marionnette est une manière d’observer le théâtre, le théâtre est un
observatoire de la vie.
« Le dernier cri de Constantin » est la propre mort, en Othello, de Stanislavski. Vraie ou
fausse. On peut commencer par cette perpétuelle naissance du rôle…
Mise en scène
Pierre Blaise
Assistante à la mise en scène
Veronika Door
Dramaturgie
Pierre Blaise, Yves Chevallier
Marionnettes, scénographie
Andreï Sevbo, Pierre Blaise, Gilbert Épron
Costumes
Ateliers de l’Yonne
Lumière
Gérald Karlikow
Musique
Joël Simon
Direction technique
Jean-Christophe Sohier
Comédiens
Marc-Henri Boisse, Brice Coupey, Larissa Cholomova